Demandeur d'Asile - Association DOULA

Demandeurs d'Asile

Protection, Accompagnement & Dignité

Le droit d'asile est internationalement reconnu par la Convention de Genève de 1951 et inscrit dans la Constitution française. Il permet de protéger toute personne victime de persécution.

Conseiller et accompagner des personnes étrangères dans leurs démarches pour demander asile en France est au cœur de l'activité des 113 permanences d'accueil de La Cimade dans l'ensemble du territoire français, en métropole comme en outre-mer.

Les Réfugié·es, Sujet Brûlant d'Actualité

Selon les données du Haut-Commissariat des Nations Unies pour les Réfugiés (HCR), en 2018, plus de 70 millions de personnes sont déplacées de manière forcée, chiffre inédit depuis la seconde guerre mondiale. À côté des guerres civiles « totales », comme en Syrie, qui provoquent l'exode de millions de personnes, la question des personnes réfugiées qui craignent d'être persécutée en raison de leur religion, leurs idées politiques, leur genre ou leur orientation sexuelle, est de nouveau d'une actualité brûlante.

Les causes qui les ont poussé·es au départ sont multiples et enchevêtrées. S'y mêlent des situations de violence généralisée voire de génocide, des économies en lambeau, de kleptocratie et de corruption, d'absence de démocratie, d'avenir bloqué dans des pays où l'État est défaillant ou inexistant.

L'exode est de plus en plus tragique et éprouvant, en raison des barrières ou de murs qui sont érigés par les politiques de contrôle des États. L'existence de filières de trafiquants d'êtres humains est une conséquence des politiques de fermeture des frontières.

Aux yeux des pouvoirs publics, ces hommes, femmes et enfants sont des personnes migrantes qu'il faut dissuader de continuer leur fuite désarmée et non des personnes réfugiées. Au lieu de leur assurer une protection, il est mis en place des opérations d'endiguement militaire pour les bloquer en amont des frontières.

Accompagnement dans les Permanences

L'association DOULA, engagée depuis quelques ans aux cotés des personnes exilées et réfugiées, assure leur défense et apporte un soutien juridique aux demandeurs d'asile. Elle aide les personnes à accéder à la procédure dans les guichets uniques des demandeurs d'asile (GUDA), en utilisant si nécessaire, les recours devant la justice.

Elle accompagne les personnes «dublinées» notamment en les aidant à comprendre les mécanismes du règlement européen Dublin. Elle aide les personnes à faire valoir leurs droits aux conditions d'accueil (allocation pour demandeur d'asile, et hébergement dans un CADA) auprès de l'Office Français de l'Immigration et de l'Intégration (OFII).

Elle accompagne les demandeurs à l'Office français de protection des réfugiés et apatrides (OFPRA) et à la Cour nationale du droit d'Asile (CNDA), notamment en assistant aux entretiens OFPRA et en intervenant volontairement devant la CNDA.

Les « Personnes Dublinées »

Avatar d'une convention signée dans la capitale de l'Irlande en 1990, le règlement 604/2013/UE du 26 juin 2013 précise les critères et les procédures pour savoir quel est l'État responsable pour examiner une demande d'asile (dans l'Union européenne et quatre pays associés). Il n'interdit pas à une personne de déposer une demande d'asile dans plusieurs pays mais, en fonction de critères familiaux, de séjour ou d'entrée réguliers ou irréguliers ou de l'enregistrement d'une demande d'asile, un seul d'entre eux est responsable et les autres États doivent l'y transférer.

Depuis six ans, en France et en Europe, le nombre de personnes visées par ce règlement a considérablement augmenté : 12 000 en 2015, 22 000 en 2016 et 41 000 en 2017. 45 000 en 2018 et 2019.

Cette hausse est la conséquence de l'augmentation des arrivées de personnes par la Méditerranée et les Balkans à partir de 2015 et du démantèlement des campements de Calais et de Paris où vivaient de nombreuses personnes passées par un autre pays européen. Pour autant, le nombre de personnes effectivement transférées dans un autre pays européen était faible puisque seules 525 l'avaient été en 2015, 1 300 en 2016 et 2330 en 2017, 3 533 en 2018 et 5 300 en 2019 soit 10% des procédures.

Les autres personnes concernées devraient pouvoir déposer une demande d'asile en France après un long purgatoire de plusieurs mois (entre six et dix-huit mois, si les préfectures les considèrent en fuite) durant lequel des personnes déjà vulnérables vivent dans la peur d'une expulsion, parfois sans ressources et logements, les plaçant dans une très grande précarité.

Qu'est qu'un Demandeur d'Asile ?

C'est une personne de nationalité étrangère qui a demandé la protection de la France et qui n'a pas encore eu de réponse à cette demande par l'OFPRA ou en appel par la CNDA. Ce terme désigne aussi la personne qui a demandé asile mais dont la demande relève de la responsabilité d'un autre État européen (on parle de Dubliné·e).

Les Différentes Étapes de la Demande d'Asile

1
Première démarche

Je me présente dans un guichet unique des demandeurs d'asile (GUDA) en préfecture.

2
Au guichet unique

Je me rends au guichet unique à la date et l'heure indiquées :

  • ✓ La préfecture prend mes empreintes
  • ✓ Je reçois une attestation de demande d'asile indiquant « procédure normale », « procédure accélérée » ou « procédure Dublin »
  • ✓ Je reçois le dossier à compléter pour l'OFPRA (délai 21 jours)
  • ✓ Je reçois un code pour accéder à l'espace usager de l'OFPRA
  • ✓ Rencontre avec l'OFII pour les conditions matérielles d'accueil
  • ✓ L'OFII me propose une offre d'hébergement (peut être dans une autre région)
  • ✓ Domiciliation par la SPADA pour recevoir mon courrier
  • ✓ La SPADA m'aide à compléter mon dossier OFPRA en français
3
Lettre d'introduction

Je reçois par l'espace usager de l'OFPRA une « lettre d'introduction » attestant que mon dossier a été reçu.

4
Convocation à l'OFPRA

Je reçois une convocation pour un entretien personnel :

  • ✓ Droit à un interprète dans une langue que je comprends
  • ✓ Entretien avec un officier de protection
5
Décision de l'OFPRA

Je reçois par courrier la décision de l'OFPRA :

  • Si positive : statut de réfugié (valable 10 ans) ou protection subsidiaire (4 ans)
  • Si négative : possibilité de demander l'aide juridictionnelle (délai 15 jours)
6
Recours à la CNDA

Possibilité de faire un recours auprès de la Cour nationale du droit d'asile (CNDA) dans un délai d'un mois.

7
Lettre d'enregistrement

Je reçois une lettre d'enregistrement de mon recours à la CNDA.

8
Convocation devant les juges

Je reçois une convocation à une audience à la CNDA. Je devrai à nouveau expliquer mon histoire et les persécutions que j'ai subies ou que je crains de subir.

9
Décision définitive

Je reçois par courrier la décision de la CNDA (définitive) :

  • Si positive : statut de réfugié ou protection subsidiaire
  • Si négative : débouté du droit d'asile, possibilité d'OQTF

À noter : l'OQTF peut être notifiée dès la lecture publique de la décision à la CNDA.

Quels sont les droits des demandeurs d'asile ?

  • Le droit de rester en France pendant l'examen de la demande. Autorisation de séjour (attestation de demande d'asile) permettant d'être en situation régulière et de circuler sur l'ensemble du territoire mais non de franchir les frontières même dans l'espace Schengen.
  • Le droit à des conditions matérielles d'accueil comprenant un hébergement et une allocation calculée selon la composition familiale et l'absence ou non d'hébergement gratuit.
  • Le droit à une domiciliation, à une aide sociale et juridique pendant toute la procédure.
  • Le droit de bénéficier d'une assurance maladie mais seulement après trois mois de résidence en France.
  • Le droit de travailler si la personne n'a pas reçu de réponse dans un délai de six mois après son enregistrement et si elle est autorisée par le préfet (ce qui est rarement le cas). Possibilité de recevoir une formation professionnelle mais non de suivre des études universitaires.
  • Le droit de s'exprimer librement. Un demandeur d'asile peut rejoindre une association ou un parti dans les limites prévues par la loi (pas d'incitation à la violence ou de propos haineux).
  • La liberté d'avoir une vie privée et familiale incluant le droit de se marier (même si le statut précaire complique les démarches) sauf s'il s'agit d'une union polygame.

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